Rappeur insaisissable, Sadandsolo s’affranchit des frontières artistiques autant que géographiques. Avec son nouveau projet, l’artiste pluridisciplinaire (producteur, ingénieur son, réalisateur, danseur, DJ…) au carrefour de l’Europe et de l’Afrique de l’Ouest, nous fait voyager dans son Subsahara.

Aujourd’hui installéàBruxelles,Sadandsoloagrandiprincipalemententre le Bénin et le Mali. D’abord fasciné par Lil Wayne, il commence à rapper et créer des beats avec ses potes du collège, à Bamako. Mais en 2012, alors qu’un coup d’État fait trembler la capitale, il quitte l’Afrique direction la France, où il se détache un temps du rap et se consacre à la danse. Parcourant l’Hexagone au rythme des battles hip hop de 2015 à 2019, il enchaîne le Conservatoire de Bordeaux puis le Centre de Développement Chorégraphique National de Toulouse.

Rendu solitaire par ses voyages, c’est en autodidacte qu’il reprend la musique. De la topline au mix, en passant par la production, il apprend à maîtriser son processus créatif en parallèle de ses études. Tout en possédant une touche hip hop, sa pluridisciplinarité artistique l’amène à expérimenter autour du R’n’B, de l’afrobeats, du dancehall… jusqu’à produire des sonorités plus soulful, dans la veine de Because the Internet de Childish Gambino ou Steve Lacy.

À partir de 2018, Sadandsolo revient pleinement au rap, avec son flow américain et métallique, sur une trap entêtante et pêchue. Rapidement identifié parmi les étoiles montantes de la new wave du rap français, il feat avec La Fève et ThaHomey sur 360 (2022), coproduit par Skuna (beatmaker ayant collaboré avec Youv Dee, Columbine, Dinos…), puis collabore avec le producteurfrançaisinstalléoutre-Atlantique,Brodinskisur l’EPFootOn Gas (2022). La même année, il est programmé au festival Nuits Sonores par Lala &ce, puis à La Place (Paris), par Pitchfork Music Festival et Grünt.

Fort d’une vingtaine de bangers, Sadandsolo est loin d’avoir exprimé l’étendue de sa mosaïque musicale. Avec Subsahara, il en dévoile une nouvelle facette dès le premier titre, « Pricey ». Une fusion tout en nuance entre une rythmique afropop et des drums trap, accompagnés d’une guitareetd’unpianoàl’accent Lo-fi.Al’instarde«Pricey»,l’identitéduprojet oscille entre une trap très américaine, tantôt synthétique et vaporeuse (« Ping »), tantôt harmonieuse et groovy (« Corniche », « Pacman »), et des afrobeats lumineux qui font résonner l’Afrique de l’Ouest (« Canapé », « Pilotis »). Le tout saupoudré d’influences soulful et d’une extrême maîtrise de l’autotune (« Seaside »).