Un album pour dormir et se réveiller, marcher et conduire, chasser et pêcher — ou simplement traîner devant un bar perdu sur une toundra hantée. Parfait pour un ascenseur, moins pour un dîner.

Avec Caveman Wakes Up, le nouvel album de Friendship (et leur deuxième chez Merge Records), le groupe élargit encore sa conception déjà généreuse du country. Les guitares vacillantes croisent des nappes de flûte, une poésie brumeuse s’appuie sur une rythmique façon Motown, et une chanson sur Jerry Garcia et la Première Dame Betty Ford s’efface dans un solo de batterie, comme si Talk Talk était né dans une cave de Philadelphie avec James Tate au micro.

La voix éraillée de Dan Wriggins fend onze morceaux de country-rock troubles et tourbillonnants, portés par une sincérité et une profondeur rares. Tel un réveil qui s’immisce dans un rêve, Caveman Wakes Up oscille entre conscience et inconscient, chargé de réminiscences et d’expérimentations, livré avec nonchalance mais aussi comme un avertissement solennel — dédié avant tout à l’âme créative de la musique.