C’est en début de soirée sur Primrose Hill : tu es assis en tailleur dans l’herbe avec tes amis, dégageant une assurance faussement nonchalante sous un blazer chiné en friperie et des lunettes D&G achetées à Camden dans l’après-midi. Une bière bon marché dans une main, une Marlboro Gold allumée dans l’autre, un pantalon noir en PVC parce qu’Alexa Chung en portait un en 2008, et « Just For Fun » résonne à plein volume sur ton UE Boom.

Porté par la fascinante et charismatique Charlotte Boyle, tandis que Neave Applebaum orchestre le projet en coulisses en tant que cerveau de la production, ce duo londonien ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de bâtir son propre univers.

Rencontrées lors d’une session d’écriture pour un autre artiste en 2021, Char et Neave ne sont pas étrangères au monde de la musique  et pourtant, tout les a menées vers Just For Fun. Leur musique ressemble à une symphonie initiatique, mêlant assurance et vulnérabilité avec une puissante affirmation de l’empowerment féminin. La rencontre entre une production électronique léchée et des mélodies de guitare enrichies de nappes synthétiques rappelant Hadouken! ou MGMT crée l’écrin parfait pour la voix espiègle de Char.

On y retrouve cette envie irrépressible de sauter comme à son premier concert, de lever le majeur au patriarcat en ultime geste de rébellion, et de se replonger dans Skins par pure nostalgie. Mais sous cette énergie tapageuse se cache aussi une profondeur plus intime  comme écouter son morceau préféré seul dans le bus au retour d’une soirée. Et par-dessus tout, c’est résolument, sans excuses, fun.

Au-delà de la musique, le duo s’impose également sur les réseaux avec des visuels qui rendent hommage à l’esthétique flash des années 2000 et aux vidéos DIY maison, un complément visuel parfaitement en phase avec leur son millénaire.

Avec un avenir qui s’annonce déjà brillant, Just For Fun bouscule ce que signifie être “actuel” tout en créant quelque chose d’intemporel. C’est leur monde, et nous sommes sur le point d’y entrer.